Maxime africaine : « la saleté ne tue pas l’homme noir », faux !

Il existe un certain nombre de maximes et citations populaires en Afrique liées à la morale, la culture et la vie en société, et qui sont très souvent utilisées par les peuples. Celles-ci ont toutes un impact sur l’éducation et la vie quotidienne, pourtant, peu de nous s’en rendent compte. Parmi lesdites citations, nous pouvons énumérer entre autres : « Si tu veux cacher un truc a un noir, il faut le marquer dans un livre », « L’émotion est nègre », « Le blanc est fort, il nous dépasse », « On ne peut pas changer ce qui est », et la fameuse «  la saleté ne tue pas l’homme noir ». C’est sur cette dernière que nous allons nous appesantir, car on ne regarde pas très souvent l’effet psychologique de ces expressions sur notre quotidien et sur notre environnement.

Focus sur les villes d’Afrique noire : au Cameroun en particulier.

En regardant quelques films et clips vidéo tournés dans les quartiers des villes Africaines, vous constaterez un point commun, l’état des routes et du milieu très souvent sales. Regardez quelques films Nigérians, Ghanéens ou même Ivoiriens : les quartiers se ressemblent. Saletés en pleine route, habitats lugubres et mal entretenus, personnages sales pour ne citer que ces clichés. C’est pareil au Congo, en Centrafrique et au Cameroun. Parlant du Cameroun, je suis bien placé pour vous dire que l’insalubrité est un fléau dans nos villes (excepté quelques quartiers résidentiels). Excusez-moi, mais nous vivons comme des cochons. Nous avons pris l’habitude de ne pas entretenir notre environnement, notamment les lieux publics, manque de citoyenneté  et d’éducation sociale. Cela concerne presque tous les âges et couches. Nous vivons la psychose de la négligence et de la saleté.

Bordure de route et caniveau dans un quartier de Douala encombré de saleté
Bordure de route et caniveau dans un quartier de Douala encombré de saleté

Clichés dérisoires, comportements laxistes #WANDA

Vous serez étonnés (ou peut-être pas) de voir des déchets a chaque pas que vous ferez à tel point que, dans certains lieux, les déchets de toute nature ne font plus qu’une matière  avec le sol. Demandez à mes frères, pourquoi ils jettent leurs lotus, leurs bouteilles de jus,  emballages, épluchures et reste de fruits, bouchons de bière, câbles, fers, boites,  habits et toute sorte de déchet non usuel  sur place ? Où qu’ils soient ? Vous aurez des réponses comme : Ça fait quoi ? Je suis le seul à jeter ? Que je ne jette pas ça va changer quoi ? Hysacam est là pourquoi ? C’est ma maison ? On a toujours vécu comme cela. Ou encore le fameux « La saleté ne tue pas l’homme noir ». Oui! comme vous constatez que les réponses sont de plusieurs ordres et implications. Ceci relève autant, du rôle des institutions, des éducateurs, que des citoyens.

Vous serez surpris d’arriver dans des universités et constater le taux de saleté ambiant, et dire que chacun là-bas est sensé avoir déjà un BAC et avoir fait des cours de morale et d’éducation civique. On se demande bien de quelle éducation il s’agit !

Allez dans les marchés, ou des commerçants(es) vendent près des poubelles, libèrent leur débris  sur place, font leurs besoins à proximité et reviennent le lendemain s’y installer sans nettoyer.

Dans les zones où il y a des bars, c’est grave, les passages public a proximité ont des odeurs de fosses et si vous y passez, l’acide de l’urine en plus de vous donner de la nausée, irrite vos yeux. Le drame, c’est que personne ne nettoie, mais personne ne s’en plaint.

Dans certains quartiers, il arrive que des personnes balaient et nettoient leur devanture puis portent les déchets pour les verser sur la route. Et cela est de connivence, car les voisins font pareil. Ce sont ces mêmes saletés qui, le lendemain, bouchent les fosses et les drains et nuisent à la circulation des eaux en temps de pluie.

Il y a des comportements vraiment décalés. Allez devant un bac à ordure, certains ne se gênent pas, ils versent leur poubelle tout a côté au lieu de verser à l’intérieur ! D’’autres les ont même transformé en toilettes publiques. Personne ne se soucie du sort des braves gens qui font le travail d’assainissement au quotidien et qui sont exposés à tout genre de risque. Allez voir pour quel salaire en plus !

Parfois vous arrivez dans des services publics et vous serez surpris de voir la gouvernance que l’insalubrité impose. Personne ne se gêne, car de toute façon ce n’est pas là qu’ils habitent (c’est bête car ils y passent quand même plus de la moitié de leur journée).

Le manque d’hygiène est pertinemment remarquable, vous observerez de nombreux commerçants se mouchant ou touchant des objets souillés avec leurs mains, puis venir vous servir sans les nettoyer. Certains exposent des marchandises nutritionnelles sensibles à la merci des échappements des gaz, des poussières, des mains d’origine douteuse. C’est le cas de certains vendeurs, de fruits, de beignets, de viande braisée, de Chawarma qu’ils soient ambulants ou sédentaires. A cela j’ajouterai aussi la façon dont sont entretenus les contenants (plats, marmites, assiettes, louches, cuillères, couverts) des nourritures que nous achetons pour nous gaver.

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Impact : la saleté détruit, tue l’homme noir

Vous vous posez encore la question sur l’origine du paludisme, des maladies respiratoires, dysenteries, dartres et toutes ces autres maladies ? L’origine des inondations dans certaines zones ? De la présence des mouches et moustiques autour de nous ? De la chaleur de plus en plus intense que nous subissons ces temps et du dérèglement climatique que nous vivons dernièrement ? Pourquoi les gens crachent à chaque mètre que vous faites ?

Les eaux de nos puits sont souillées car elles subissent les effets du mariage avec les déchets et l’air est pollué, de plus il y la poussière qu’absorbent les habits que nous séchons au soleil et les eaux usées dans lesquelles nous marchons. Les inondations permanentes déclarées à Douala à cause des caniveaux bouchés par des quantités énormes de plastiques et déchets variés ne sont  qu’un cas parmi tant d’autres. Nous contribuons à notre propre inconfort. On ne peut pas honnêtement attendre que l’État fasse tout, même si sa responsabilité est grande. Mais on dirait qu’il y a une satisfaction à vivre comme des animaux… excusez le terme, car nous mangeons à l’endroit où nous faisons nos besoins.

Bac a ordure a Doualoa
Bac a ordure a Douala

Solutionner le problème pour des villes propres

Il faut reconnaître que l’aménagement des quartiers et leur manque de construction (notamment les routes secondaires) participe à cette machine insalubre, car, en effet une bonne partie de nos quartiers sont construits anarchiquement et manquent de route, malgré le trafic des véhicules entraînant l’érosion. Cela conduit à la présence des marres et flaques d’eau. Notons aussi, l’absence d’une communication réelle et une sensibilisation accentuée  auprès des populations, c’est le rôle des communautés urbaines et mairies départementales, des ministères de la santé publique, de l’aménagement territorial, de l’éducation, de la communication qui doivent travailler de connivence pour pallier au problème d’insalubrité qui est devenu un fléau au Cameroun et dans certains pays d’Afrique.

Non au laxisme… Des toilettes publiques pour tous, des bacs à ordures et poubelles tous les 100 m2, des campagnes de proximité stratégiques, méthodiques et surtout suivies. Voilà le rôle que devrait jouer nos administrateurs, sans oublier des sanctions pour les citoyens lorsqu’il y a écart de comportement.Voilà qui n’est pas fait. Aussi vrai les grands axes et carrefours de Douala sont nettoyés chaque soir par les agents de HYSACAM  (Société publique en charge de l’hygiène et la salubrité au Cameroun), vous serez déçus de constater qu’après 06h  du matin, c’est à nouveau le bordel.

Agennt hysacam remettant les ordures dans le bac

Agennt hysacam remettant les ordures dans le bac

Quant aux populations, il faut prendre conscience des dangers de l’insalubrité, cela passe par l’éducation des parents aux enfants et les investissements humains dans les quartiers.

Nous devons apprendre à ne plus balancer tout ce qui nous échappe de la main n’ importe où. Ce n’est pas tuant de garder ses déchets et d’attendre de voir une poubelle pour s’en débarrasser. Et si chacun s’y met, vous verrez bien que les villes seront de plus en plus propres.

Faisons preuve de respect et allégeons la tache aux agents d’assainissement. Adoptons une meilleure mentalité. Évitons de faire les besoins partout, moins de cochonnerie, plus de civisme. Cela nous aidera à être mieux épanouis en société.

Comptez les morts, examinez l’origine de certains décès par maladie, vous constaterez que ces maladies proviennent quelques fois du contact avec les saletés. L’espérance de vie diminue en Afrique, à quoi pensez-vous que cela est dû ? C’est bien à cause de la fragilité physionomique des corps qui n’ont progressivement plus la même résistance car ils sont exposés à la condition lugubre dans laquelle nous vivons.

Chacun a son rôle à jouer. Il ne suffit pas d’être bien sapé et parfumé pour dire que l’on est propre. Ne dites plus non, ne faites plus le passif, car en fait la saleté ne tue pas l’homme noir, elle le rabaisse, l’animalise, le détruit, à petit feu  grand feu, au  fil temps. Voilà comment des citations populaires contribuent à la décadence sociale de tout un peuple.

5 réflexions au sujet de « Maxime africaine : « la saleté ne tue pas l’homme noir », faux ! »

  1. Je suis africains j’ai la peau noir; mon coeur es rouge; mais dents sont blanches, les occidentaux ont une peau blanche; un coeur rouge; et des dents blanches la seule difference es donc la couleur de la peau nous somme donc tous égaux car parmis les africains on peut aussi compter les personnes de peau clair,noir,bronzer et autres. Pourquoi vouloir deliberement rester a la traine en agissant comme des assassins polluants notre environnement pourtant nos semblable sous d’autre cieux de battre de manière individuel et grouper contre toutes pollutions,le cadre de vie es jalousement préserver au quotidien .Nous devons tous chacun dans sa noble vie agit en n’ayant en tete la préservations de l’environnement et du cadre de vie. Ce n’est pas l’autorité du pays qui doit t’empêcher de jeter les ordures dans la rue chacun a son niveau de combat.

  2. Ne nous voilons pas la face, la culture de la propreté n’est pas suffisamment encrée dans les habitudes des CITADINS africains. Il y a donc un déficit qu’il faut combler pour arriver à niveau de salubrité de type occidental. Pour moi, les solutions qui sont proposées sont insuffisantes au regard du gouffre à combler. Pour qu’il y ait équilibre et ainsi permettre d’atteindre les standards recherchés, il faut trois choses de la part des autorités dans les pays Africains : 1-La répression systématique avec impact financier effectif direct, immédiat et gradué selon une grille connue et reconnue. 2- Les solutions parallèles de sensibilisation ne devraient concerner que les  »enfants » dans les écoles. 3- Des moyens conséquents ( nourris des fonds collectés des amandes et taxes…) de l’État aux entreprises en charge de la gestion de la salubrité.

  3. ma bouche sera la bouche des malheurs…, » » aimé Césaire. l’homm ne commence réellement a exister q losrqil adhere o souci de la qualité d’existence qu’il aimerait mener (Njoh Mouelle). juste dire va de l’avant, tes un exemple pour nous autres….

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