Voici comment la fiscalité Camerounaise tue les jeunes entreprises

Parfois, on peut ne pas comprendre les actes de quelqu’un si l’on ne vit pas ses pesanteurs. Je ne sais pas ce que Valsero venait de vivre le jour où il composait le texte de sa chanson « Ce pays tue les jeunes ». En écoutant ce morceau, on peut y sentir toute sa rage, celle d’un jeune qui s’est battu longtemps sans issue.

J’aime mon pays et je veux vraiment faire des choses pour lui, mais est-ce évident ? Est-ce que cela peut se faire sans trop d’embûches? Pourquoi y en a-t-il autant ? On a pensé à nous dire de se lancer dans l’entrepreneuriat mais sans nous donner l’écosystème favorable. Moi je n’ai pas attendu ces paroles, j’avais mes rêves depuis et je l’ai fait. Décider de ne pas (du moins plus) travailler pour des gens parce que je veux essayer de bâtir mes propres projets. En effet j’en suis capable et je me bats pour cela. J’ai réussi à faire d’une passion une activité autonome afin de gérer moi-même ma vie. Je refuse des offres d’emploi à hauteur d’un demi million de fcfa parce que je crois en ce que je fais. Pourtant ce que je fais n’est pas facile, c’est téméraire et même suicidaire diront certains. Mais , lorsque je regarde ma vie je constate qu’être autonome et libre est essentiel pour le rêveur que je suis.  Rêveur mais aussi souffreteux. Où vais-je ? Pourquoi je ne fais pas comme mes amis qui vont se faire embaucher pour donner toute leur vie, leur temps aux projets des autres ? Je suis fou ! je fuis l’argent. Le comble c’est que je sais faire tellement de choses, mais je suis aussi très bon dans mes domaines.

Il y a un an, lors d’un talk, j’ai dit durant ma présentation que le blogging me donne 30.000 frs le mois et qu’il me donnerait au moins 200.000 le mois dans un an, si je réussissais à avoir un investissement de 3 millions. Aujourd’hui j’arrive déjà à faire ce chiffre, alors que je n’ai même pas eu d’investissement. Imaginez si je l’avais eu. Néanmoins je suis patient, je jongle et chaque jour mes ambitions grandissent. Là d’ailleurs il me faut environ 50 millions pour construire le projet que je veux développer. Je n’ai pas de fond de base mais je maximise sur toutes les opportunités que j’ai. On appelle cela de façon simple « entreprendre ».

Le pays ne nous aide vraiment pas

Aller faire des concours à deux balles où 1000 projets sont inscrits, desquels on dénichera par tirage au très grand sort trois projets pour deux millions. Entre nous, je dois compter sur ce genre de choses là ? Oui pour la visibilité et non en vérité.

Fils de personne que je suis, n’ayant pas les fonds et les ouvertures que certains boboh ont. Nous les gens d’en bas, nos obstacles sont encore plus catastrophiques. Eux, ils ont des difficultés mais bien moins que nous. Niveau compétence en autodidacte, je vous assure je suis loin, sans me vanter hein, sans moyens, je fais l’effort de me cultiver au max (parce que même les moyens pour me payer les formations que j’ai toujours voulu je ne les ai pas eu). Toutefois, vive internet et l’intelligence, surtout VIVE DIEU, car il est là pour tous. J’ai arrêté de travailler pour les gens parce que ça me mettait mal a l’aise, ça m’absorbait et me ralentissait. J’assume cela.

Je continue de chercher, mais en attendant ma formule est simple. Me positionner, monétiser et investir en échelle. Ce n’est pas la méthode la plus conseillée, mais j’ai vu cela marcher chez de nombreux commerçants de Mambanda durant mon enfance. Et je sais que c’est possible, il y a un moment où on arrive à tout équilibrer.

Mais le problème…

J’ai créé mon entreprise l’an dernier, parce que je m’attendais bien à ce que des marchés se prononcent dans les futurs mois. J’en ai eu certes, mais le système et les gens veulent tabasser ma logique. Voyez-vous, aujourd’hui je me retrouve à près d’un million de dettes et cela en quelques mois. Qu’est ce qui bloque ?

Déjà y a la mauvaise foi des gens qui ne veulent que t’exploiter, un comptable dans une entreprise qui bloque vos opérations au gré de je ne sais quoi. Tandis le patron avec qui vous avez eu le deal devient subitement très occupé. J’ai déjà vécu cela trois fois. N’est ce pas on est encore petit ? Attendez !!!

Mais il y a surtout la  fiscalité

Figurez vous qu’on dit aux jeunes de créer des entreprises, on ne leur donne pas les moyens mais on exige autant de taxes que les entreprises à gros budget. Mon argent est calé dehors à cause de ça. Après la création de mon entreprise, j’avoue que je ne connaissais pas grand chose sur la fiscalité. J’ai été comme la loi le prévoit, exonéré pour un an. J’avais mes papiers et je pensais que c’était bon. Je ne suis pas allé au centre des impôts de Douala 5e pour déclarer. Je ne le savais pas en toute honnêteté, on ne m’avait dit, pourtant j’avais bien demandé si c’est tout, et là-bas au centre de création on m’a dit oui. Des infos qu’il fallait arracher. Il a fallu que j’ai récemment un marché de 500.000 Fcfa avec une entreprise très pointue fiscalement pour me rendre compte qu’on m’a mal dirigé. L’entreprise en question m’exige un document appelé « Attestation de non-redevance » sinon je ne peux pas avoir mon argent.  Ce document est entré en vigueur avec l’arrivée de la loi des finances 2017. Je suis donc allé au centre des impôts de Douala 5e  pour avoir cette attestation. On me dit que je dois déclarer l’entreprise et cela coute environ 100.000 frs de frais. Pire encore, il parait que je dois avoir un local, parce je suis sensé payer des taxes liées au bail. Et cela en dehors des impôts de chaque mois. Entre nous que je gagne quoi? Moi je débute encore. J’arrive à exercer mon activité pour l’instant sans avoir besoin d’un bureau. Mais ils exigent que je dois en avoir un. La cerise sur le gâteau, c’est que l’on me dit je dois payer des taxes pour toutes les impôts non déclarés les mois passés, ça fait plus un an et plus.  Franchement, et c’est sans gène que le chef de centre me dit qu’il faut négocier qu’il  ne peut rien pour moi. Jusqu’à nos jours, mon argent est bloqué. Selon la loi, un mois non déclaré fait couter jusqu’à 1 million de FCFA. C’est pas de la connerie ça? En allant dans les autres centres, on m’a dit qu’il y a que lui qui peut résoudre mon problème car j’appartiens sur ma carte de contribuable à  sa localité. Vous voyez la méchanceté?

La loi n’a pas elle tenue compte des débutants sans capital comme moi, et nous sommes nombreux à être confrontés à ce problème. Comment on peut exiger aux grandes entreprises de d’exiger aux petites des papiers qui leur coutent plus la somme de leurs deals. On a tenu compte de quoi alors? Je suis obligé d’abandonner cette entreprise pour en créer, ça va me couter près de 150.000 mais au moins je vais récupérer mon argent.  En plus j’ai d’autres marchés futurs avec la grande entreprise. Même si le problème du local restera, je vais jongler, j’ai pas le choix.

Voilà comment on nous encourage dans ce pays. Voilà!  Je ne vous ai pas tout  dit, ceci n’est qu’un cas infirme sur mes difficultés quotidiennes. Certains diront 500.000 ou Un million c’est quoi? Mais attention, c’est la sueur de mon front ohhh. J’apprendrai de mes erreurs, je ne vais pas abandonner. Je reste focus. Jusqu’ici ce que j’ai prévu est arrivé. Je suis un futur millionnaire, milliardaire et je sais que ça va se multiplier. Et vous le savez « Le second nom de DIEU, c’est le temps »

Si ce pays tue les jeunes comme moi, il va comprendre que Dieu dépasse la méchanceté et la moquerie.

Pour ceux que ça peut aider, lire les dispositions liées à la fiscalité des entreprises ICI

5 réflexions au sujet de « Voici comment la fiscalité Camerounaise tue les jeunes entreprises »

  1. Au mboa le (bon langage)c’est la loi du d’abord malheureusement courage man…. Steph_LAGRIFFE (artiste juriste privatiste affairiste déjà fiscaliste internationaliste)

  2. Sois fort bro, moi même je suis entrain de vouloir me lancer à mon propre compte, j’avoue que c’est très demotivant ce que ces dirigeants font. Mais allons de l’avant, le temps de Dieu c’est le temps de Dieu

  3. Ahaha Atome toi et moi en discution hier et voilà !!!! Très belle article , Je comprends ton combat car aujourd’hui je suis dans la même situation .. Je pense que le centre de création des petites et moyennes entreprises devrait avoir des conseillers fiscaux qui donnerais des conseils aux jeunes entrepreneurs et suivraient le dossier jusqu’à exécution et applicabilité devant le 1er marché obtenue.

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