Cameroun : Quand la mort fait du buzz !!!

Les Camerounais ont de nombreuses réputations parmi lesquelles, la convivialité et l’accueil, mais aussi la compassion. Bon… je ne vous rappellerai pas que mon Mboa tout comme les autres pays du continent Africain, notamment en zone francophone, vie l’époque de l’émergence du numérique. Les Africains s’approprient de plus en plus l’outil internet et ses fonctionnalités, vous n’avez qu’à voir l’activité qui pilule au Cameroun sur les réseaux sociaux (Facebook, what’sapp et twitter en particulier) et cela malgré le faible taux de pénétration de l’internet. Oui ! nous discutons, échangeons sur divers sujets, et je peux vous dire que dans le village tout-connecté 237, aucun Buzz ne nous échappe plus. Pas besoin d’être journaliste pour servir ou diffuser l’information et même lui donner une ligne éditoriale.

Venons au vif de cet article « Quand la mort fait du buzz ». Ces derniers temps au Cameroun, la vitesse de diffusion et l’accès à l’information croissent de façon exponentielle. Aucune information actuelle majeure n’échappe l’attention. Aussi vrai que mes frères et sœurs ont en général, leurs préférences en fonction de leurs sensibilités. Une chose bizarre, c’est que rien ne court aussi vite que les informations sur la mort, que ce soit  : Une nouvelle  musique, un fait divers quelconque, un match de foot barça- Real, le buzz d’ Eto’o ou le discours de notre père ( S E M. le Président Paul BIYA), On peut dernièrement recenser  quelques cas : L’attaque de Boko haram à Maroua , Les attentats du grand Bassam, La mort de Monique Koumatekel, le suicide d’un jeune-homme à Mahima (Douala),  le décès de Papa Wemba et le récent décès du jeune Footballeur Patrick Ekeng.

Cameroun

Les réactions des Camerounais sur les réseaux sociaux lorsqu’il y’a mort

L’on remarque pendant tous ces événements mortuaires, une viralité accentuée dans la webosphère Camerounaise. Très souvent, tout part d’une source anonyme (Un utilisateur quelconque Camerounais ) qui a eu le SCOOP par la télévision, soit par un proche crédible qui vient de l’informer ou alors il peut l’avoir personnellement vécu. Cela est parfois accompagné d’une photo ou une vidéo servant de preuve. Après, c’est bientôt des relais et des recherches qui vont être engagées par ceux qui obtiennent l’information ( En fait, les Camerounais sont de très bons investigateurs). Une heure après  la diffusion de la source anonyme, on constate une propagation de la nouvelle avec des descriptions des faits généralement différentes. Allez un peu sur Whats’app en ce moment là. Si vous êtes dans 10 groupes differents, vous aurez la même photo dramatique au moins 10 fois dans votre téléphone, voir plus. Ensuite, ça passe à des captures d’écrans venant d’un site, de la page facebook, du compte twitter d’une personnalité ou d’un média crédibles. Ceci dans l’optique d’appuyer l’information donnée. Certains font même des « voice note » depuis une radio et des photos de leurs télévisions. Quatre heures après la nouvelle, vous verrez que sur Facebook, des visuels de soutien ont déjà été confectionnés et sont postés sur des pages et certains en font même leurs photos de profil, sur what’sapp ce sont des débats infinis durant lesquels chacun justifie sa version des faits. Pendant ce temps allez sur Twitter, tout le monde retwette les post relatifs à l’événement malheureux. Et encore il y’en a qui manifestent leur compassion, en utilisant une hastag #RIP…

Et quand vous verrez les commentaires, c’est très souvent « Il était », « il auraient pu », « Je suis profondément touché », « Tu resteras à jamais », « Force à toi » , « Adieu … » et des « Je suis… ». Certains postent même des photos avec le défunt qu’il soit Camerounais ou non. Des community managers sautent sur l’occasion pour attirer les regards de quelques internautes, en personnalisant la mort dans un visuel portant un message du genre « Nous soutenons… #Rip… ».

Durant les trois jours qui suivent le décès ou un cas du genre, les Camerounais ne s’arrêtent pas et ne parlent que de cette tragédie, que ce soit la presse ou le public. Certains vont même jusqu’à donner les informations que les concernés ou les membres proches n’ont pas encore. Vous verrez des post comme : « Le président rend hommage… », « le père ou la femme de… est « , »l’enterrement de… aura lieu… ». Ils vont même jusqu’à te dire « en direct de… »). Après le décès de Papa Wemba, il fallait voir le dynamisme des Kamers sur la toile. Les tweets n’en finissaient à tel point qu’on croirait qu’il était Camerounais. Oui ! Je sais ! Ça laisse croire que les Camerounais se mobilisent vraiment quand il y’a deuil ou alors tout simplement qu’ils aiment les deuils. Mais quel qu’en soit le cas, ce n’est pas vraiment faux, il suffit de voir comment un deuil s’organise chez nous et comment les personnes éprouvées sont assistées. A vrai dire l’engouement d’un deuil au Cameroun est vraiment plus accentuée qu’ailleurs. Au final, ce n’est pas uniquement une affaire de réseaux sociaux , mes frères et sœurs sont sensibles aux nouvelles de mort. Non pas parce que cela leur plaît, mais, surtout parce que cela fait partie de nos habitudes de soutenir les personnes éprouvées ayant perdues un proche, qu’ils soient Camerounais ou pas. Nous accompagnons ceux que nous aimons, ceux que nous affectionnons et compatissons à la douleur de l’autre.

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