Méchant Beau père_Part 1 “La vie chez un dictateur despote”

NB : Dans le texte il y’a deux « Pitou ». Pitou (1) mon cousin & Pitou(2), le neveu du mari de ma tante. Afin de ne pas les confondre.

2003/2004

Le vide créé par l’absence de mes parents n’a jamais vraiment été comblé. Malgré la présence de ma famille maternelle, oncles et tantes, je n’étais jamais vraiment heureux. Avec ma grand-mère au moins, j’arrivais à oublier ce manquement. J’avais 11 ans quand elle est tombée gravement malade et qu’on a du se séparer. Elle est allée chez ma tante Ma’Chan pour plus de soins.  Je vivais  désormais avec mon feu cousin Pitou (1) et durant toute une année (2003), on errait comme des mendiants. Mon oncle, son père est allé cette année là en France pour se chercher. Pitou (1) était l’enfant du dehors et moi le bâtard de la famille. Durant cette année, on mangeait un peu de partout, chez les maters du kwatt, au café, à la boutique, au beignetariat ou chez des amis. On vendait tout ce qui pouvait nous donner de l’argent, oui on volait même parfois. Ma vie était devenu un bazar, sans contrôle, on sortait quand on voulait, pas d’heure. En 2004 mes tantes ont décidé que l’on ne pouvait plus continuer à vivre ainsi. J’avais échoué le BEPC et Pitou (1) la classe de 4e (il avait 04 ans de plus que moi, mais j’étais avancé à l’école).

Durant les vacances, la famille a donc décidé que j’irai vivre chez ma tante Mami Jacka (Je vous parlerai d’elle plu-tard). Avant j’ai d’abord été chez Ta’a Sandrine à Beedi (Quartier de Douala). J’arrive donc au quartier  « Village, sis à Ngogpassi 3 » (Quartier de Douala) pour les vacances en 2004. Ma tante était mariée (pas devant le maire hein), elle avait 3 filles, Christelle qui est mon ainée. Les deux petites filles Ornella et Laeticia qui avaient à cette époque 04 ans et 02 ans. Elle hébergeait aussi le fils de la petite sœur à son Mari, il s’appelait Pitou (2), lui aussi. Son mari était Taximan (chaffeur de taxi). Petite maison, dans un fond fin, près d’un ravin et de la brousse. Un petit salon, une chambre, une cuisine qui servait de chambre de Pitou (2) et Moi, une douche externe et quand-même une grande cour. Les débuts n’étaient pas si mal que ça, j’essayais de m’adapter au rythme de vie de là-bas. il n’y avait pas de distraction et il y’avait beaucoup d’interdits. Durant un mois, j’ai appris à laver les marmites et faire d’autres choses. Mr T, le père était plutôt cool au début avec moi, et les autres me disaient « Tu ne le connais pas hein!!! ». Au quartier (ce nase quartier), on l’appelait « Petit Papa » et tout le monde savait qu’il était méchant.

Mon malheur a commencé

Il a commencé quand, cette année là, Christelle et Pitou (2) sont allés en vacances, me laissant avec les enfants et les parents. J’ai donc commencé à vivre le début de la vie qui m’attendait. C’était laid, fade, ignoble et si pesant. Je ne pouvais contacter personne, ni communiquer, ni aller chez les voisins. Je ne pouvais pas franchir les 200 mètres carré du terrain sans avoir un motif, genre on m’a commissionné ou alors je vais puiser de l’eau à boire. Seul là-bas, toutes mes journées consistaient à aider ma tante aux travaux, manger, dormir et m’occuper des enfants. Très souvent Mr T et ma tante sortaient et me laissaient seuls avec les enfants, notamment le dimanche. Je devais m’occuper de ces deux petites filles de 04 ans et 02 ans, laver leurs habits, leurs faire à manger, les surveiller comme une nounou. Voilà mes vacances, parfois les deux parents rentraient tard vers minuit, tandis que moi j’étais à la maison cloué, à faire tout ce qu’on me disait, c’était comme ça jusqu’à la fin des vacances. Je profitais de leurs sorties pour marcher un peu, discuter avec les voisins, mais pas facile avec deux bambinos sur la main. L’année d’après, mes vacances allaient être bien pire.

Enfant malheureux_crédit @Pixabay

Quand les autres sont rentrés de vacances, c’était bientôt la rentrée. Mon oncle cité ci-haut depuis *Mbeng (France) avait fait le nécessaire pour mon école. On vivait à Ndogpassi 3, et on devait fréquenter à Ndogpassi 2, au Collège CPLAN à environ 4 km. Mais ce n’était pas ça le plus pénible. C’était surtout de vivre les mêmes choses tous les jours, sous le toit d’un dictateur, sans radio, ni télé, et même qu’à une période, on a vécu près de 06 mois sans électricité à la maison. Imaginez la vie ainsi  en plein temps moderne, tout ce qu’on ratait et comment j’étais largué quand les autres enfants  parlaient souvent à l’école. Et cette fausse chambre où je devais partager un lit d’une place avec Pitou(2) qui ronflait dans la nuit, les moustiques et les draps vieux, sans compter la chaleur, le désordre qui y était, puisque c’était aussi la cuisine. Le malaise était grand et pas que pour moi. Mais ma situation était plus grave, je n’avais presque pas d’habits, ni de personne vers qui me plier pour demander. Je devais porter les habits de Pitou(2) qui en avait plein, car sa mère était vendeuse de friperie. En plus ça faisait longtemps que je n’étais plus allé chez Ma’chan pour avoir les anciens vêtements de mes cousins, ses enfants qui m’ont souvent dépannés. Avec l’argent de beignet de 200 FCFA, tu ne pouvais pas économiser, même pas pour un appel (très cher à l’époque) – Quand je vivais à *Mambanda (mon quartier d’enfance) au moins, j’allais souvent me chercher des habits de 100-100 dans la friperie du marché- Mais dans cette maison, c’était interdit de sortir même pour aller au marché. Dans mon âme j’avais mal, car je pensais que si j’avais aussi mes parents je n’aurais pas manqué autant. Heureusement, ma grand mère faisait souvent l’effort de venir me voir malgré sa maladie, et elle me dépannait quelques pièces en cachette- en me disant « Supporte Papa, tu seras aussi quelqu’un un jour et tu auras ce que tu veux ».

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